
Après 5 heures d’avion, nous arrivons à
Niamey. 34 degrés, un soleil de plomb : nous
changeons d’univers.
La
première soirée à Niamey fut déjà riche en émotions et en découverte,
mais nous avions hâte de partir pour le parc du W.
Mardi
matin, nous quittons la capitale, 5 heures de trajet, 150 kilomètres de
« route » et de piste pour atteindre le village de La Tapoa où
s’établira notre camp de base.
Pendant 8 jours, nous
sillonnons le parc en long et en large, à la découverte de la savane
arbustive propre à l’Afrique de l’Ouest. Des rencontres époustouflantes
émaillent nos pérégrinations : éléphants, buffles, babouins,
hippopotames, crocodiles et de nombreuses antilopes et oiseaux.
Nos
campements dans le parc s’appellent Nigercar ou mare de Pérélégou. Le
premier nous permettra de faire une ballade sur le fleuve Niger avec les
pêcheurs locaux (épique). Le second sera l’occasion de vivre en pleine
brousse et de passer la nuit au son des rugissements des lions et des
aboiements des hyènes. Tout cela au milieu des yeux rouges des
crocodiles qui illuminent la mare.
En
milieu de séjour, l’aventure, après avoir été animalière, devient
humaine. Nous avons eu l’occasion d’assister à une fête Peul (une ethnie
locale). Ce jour là, nous arrivons au milieu de milliers de nigériens
venus de tous les coins de la brousse. Ils nous observent, nous
entourent puis, sous la pression du « service d’ordre », nous laissent
la place à l’ombre du seul arbre disponible. Nous nous sentons
privilégiés et un peu mal à l’aise.
Une
visite sur un marché local fut aussi très riche en émotions : ambiance
surchargée d’odeurs inconnues, étals bondés, foule inouïe et des
centaines d’enfants qui nous entourent et nous réclament des
« cadeaux ». A 5 heures de Paris, c’est impressionnant de voir le
dénuement dans lequel vivent ces Africains francophones. Et pourtant,
ils sont gentils, avenants et nous offrent même le vin local (une
fermentation de mil et de sorgho, bizarre).
Puis
nous revenons dans le parc du W pour quelques randonnées sous 35 à 40
degrés. Là encore, des animaux partout : calaos, perroquets, veuves,
phacochères et antilopes.
Enfin, après quelques
désagréments intestinaux qui nous donneront l’occasion de découvrir le
système de santé du Niger, nous profitons de Niamey pour s’adonner au
troc et aux négociations en tous genres.
Nous repartons vers
Paris. Les têtes sont pleines de souvenirs et d’émotions, les esprits
marqués à jamais. Bref, nous venons de vivre une incroyable aventure
humaine.
